Ode & Robert Bonnefoy, Complicité. Chroniques amoureuses, préface de Marcella Leopizzi, Paris, L’Harmattan, Coll. « Accent tonique. Poésie », 2017, 104 p.
Imprévisible et faire le vide autour de soi
Abandon des parfums de chairs
Brûlures de sel, de vent et de sable
Vous dire l’existence du feu qui m’habite
Ce feu, ce ventre de braise
Vos gourmandes lèvres amoureuses
Hissent mes voiles et mes rêves
Sur les plages de mon île océane
Bleue, elle est bleue mon île
C’est là que je veux mourir sous vos baisers
De cette noble mort des amants
Celle qui libère et rend à la vie
Tous les deux dans le même cocon
Amours de soie et de coton
Et les encens de la chair montent de la mer
Pour crier votre nom qui allume la pierre
Pour garder en moi la chaleur
Tel le papillon, j’ai les ailes fragiles
Fragiles aussi sont mes amours
J’ai besoin de vos yeux pour sortir de ma nuit
Que vous preniez ma main et me guidiez
Au printemps du cœur ainsi celui de la fleur
Que je vois la danse de l’oiseau des mers
Venez me rejoindre sur mon nuage bleu
Entendez le silence de mes secrètes pensées
Mes mots d’aime, mes passions, mes cassures
Malgré l’abandon, les amours domptées
Reviennent en cris parce qu’on les a étouffées
…Tenez ma main afin que mon cœur ne s’éteigne…
* * *
« Entendez le silence de mes secrètes pensées,
mes mots d’aime, mes passions, mes cassures »
ENTENDEZ- vous ce vent qui souffle de la mer,
LE sel à fleur d’écume emportant mon rivage ?
SILENCE…, écoutez-le m’apporter son breuvage
DE ses embruns profonds, de son soupir amer…
MES veines et ma peau s’imprègnent d’outremer :
SECRÈTES gouttes d’eau, sueurs au goût sauvage,
PENSÉES éprises d’or, j’ai soif de ton ravage,
MES écrits sont alors empreints de doux-amer…
MOTS en quête d’ailleurs, d’air pur, de clair de lune,
D’AIME, de sable blond, de soleil, de lagune…
MES yeux cherchent ta main pour sortir de ma nuit !
PASSIONS endormies en veille de ta brise,
MES doigts ont faim de toi pour brûler notre ennui :
CASSURES dans mes sens quand ton appel me grise…
* * *
C’est l’immobilité
Dans le moment qui dure
Chaude, la fixité
De la moindre posture…
Ainsi, l’Amour venu
Abandonne la lice
Qu’à souffle retenu
Revisite un délice…
C’est le réel abstrait
L’instant flou sans mélange
Qui sur l’ombre distrait
Comme des ailes d’ange…
Ce qui reste du don,
S’inscrit en le message
Du suave abandon
Candide, presque sage…
C’est l’immobilité
Qui cache à s’y méprendre,
L’acte d’intimité
Puis en laisse un trait tendre…
* * *
« C’est l’immobilité dans le moment qui dure
Chaude la fixité de la moindre posture »
C’EST dans ton regard bleu que j’ai vu se noyer
L’IMMOBILITÉ qui semblait figer ta larme…
DANS un soupçon d’instant, mon cœur à pris ton charme,
LE frisson d’un émoi t’a surpris larmoyer…
MOMENT démesuré où le seul plaidoyer
QUI voulait mon pardon a prit mot dans ton arme :
DURE stance du temps, car ta perle en alarme
CHAUDE, subitement, m’a contraint de ployer…
LA rancœur n’est jamais d’un bon ton pour se taire :
FIXITÉ sur l’affront, souvent involontaire,
DE l’un qui se croit fort, à l’autre trop moqueur,
LA raison de chacun voulant prouver son thème !
MOINDRE tort, mais le mal est profond, sans ‘‘je t’aime’’,
POSTURE des amants, déchirés sans vainqueur…





